Economie des déchets

Une approche institutionnaliste

Ce livre tente de démontrer que l’économie des déchets doit être considérée comme une économie à part entière. Les déchets sont des sous-produits de nos systèmes de production, de traitement et de consommation. Ils représentent une dimension importante de nos économies développées ou en développement, et pourtant les économistes n’ont pas suffisamment pris en compte ces biens particuliers destinés à l’abandon. Certains économistes mentionnent la particularité des biens à valeur nulle ou négative comme Jevons (1871). Malgré ces travaux, il y a une lacune incontestable dans le domaine de l’économie des déchets.

Étudier l’économie des déchets, c’est concevoir l’économie autrement. Les déchets sont dotés de particularités économiques en termes d’utilité, de valeur marchande, mais aussi en termes de droits de propriété. Elles sont distinctes de la réflexion sur les marchandises à valeurs d’usage et d’échange positives. L’économie des déchets consiste à analyser les filières de valorisation (recyclage, valorisation agricole, incinération avec récupération d’énergie) et d’élimination (mise en décharge ou incinération simple). L’étude de ces deux filières nous amène à constater que l’économie n’est pas uniquement liée à la création de valeur (les déchets à valeur positive qui peuvent être réintégrés dans les circuits de production et de consommation). Les sciences économiques doivent également s’attacher à analyser la destruction de la valeur. Notre étude de l’économie des déchets dévoile cette double facette de l’économie.
 
Cet ouvrage s’inscrit dans une démarche institutionnaliste considérant les règles communes comme un facteur endogène dans la compréhension de l’économie.Notre démarche a un caractère pluridisciplinaire intégrant les analyses historiques, juridiques et sociologiques des déchets (ainsi que des recherches en urbanisme et en gestion). Nous tenterons de comprendre la genèse du problème des déchets dans la société capitaliste, basée sur le processus schumpétérien de « destruction créatrice », et caractérisée par une économie de la vitesse encourageant l’obsolescence planifiée. Nous observerons l’évolution de la quantité des déchets générés (déchets municipaux, déchets des différents secteurs d’activité économique) au sein de l’Union européenne, en nous appuyant sur les statistiques européennes (AEE, Eurostat) et de l’OCDE.

 

         

Collection « Ouvertures économiques », Bruxelles, De Boeck, 2011, 264 pages.

24,50 euros

 

 

 Après avoir confronté les thèses de Pigou (1920) et Coase (1960), nous montrerons qu’il est difficile d’évaluer la supériorité d’un instrument par rapport à un autre si l’on prend en compte tous les facteurs qui se juxtaposent dans la réalité (intérêts politiques et sociaux, univers incertain…). Nous nous baserons sur des études de cas européennes (Allemagne, Angleterre, Belgique, France, Pays Bas…) ainsi qu’un certain nombre de pays de l’OCDE (Canada, Etats-Unis, Suisse) pour illustrer les atouts et les limites de chaque instrument de politique publique (réglementation, taxes, permis négociables, système de consigne, approches volontaires…). Nous analyserons comment la politique européenne des déchets a évolué en privilégiant les instruments économiques et les approches volontaires. Nous consacrerons un chapitre à l’évolution historique de la coordination de la collecte des déchets à travers la coercition, l’Etat, et l’échange, en nous basant sur l’histoire de la gestion des déchets ménagers en France. Enfin, on ne peut traiter l’économie des déchets sans approfondir la question des conflits. Nous dégagerons les limites du syndrome NIMBY, qui ne permet pas de comprendre la complexité des conflits liés à l’implantation d’une usine de traitement des déchets. Nous mettrons en avant d’autres types de conflits. Certains d’entre eux peuvent porter sur le caractère indéterminé du déchet composé d’une multitude de substances dont les effets environnementaux et sanitaires sont encore incertains. Le concept de biens indéterminés (Lupton, 2005) sera introduit, puisqu’il permet d’appréhender ce type de conflits autour des caractéristiques environnementales et sanitaires des déchets, qui peuvent restreindre ou provoquer l’effondrement d’un marché.

Cet ouvrage s’adresse aux étudiants de niveau Master et Doctorat, et aux enseignants de l’université, des écoles d’ingénieurs et des grandes écoles. Il intéressera aussi  les entreprises, comme la problématique des déchets représente une dimension essentielle à la RSE.

 

Il s’adresse également aux instances publiques locales, départementales, régionales, et européennes, ainsi qu’aux associations de consommateurs et associations environnementales.

 

 

 

 

     

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